Table of Contents
- Qu'est-ce que la pressothérapie ?
- Pressothérapie des jambes : le déroulement d'une séance
- La place de la pressothérapie dans le lymphœdème
- Instituts, sport et confort : un autre cadre
- Qui pratique la pressothérapie, et la prise en charge
- Appareils de pressothérapie à domicile : les repères avant d'acheter
- Contre-indications et précautions
- Quand consulter
- Sources
La pressothérapie est une technique de compression par air : des bottes ou des manchons à compartiments se remplissent l'un après l'autre et exercent une pression qui remonte le long du membre. Elle fait partie des techniques que l'on rattache au drainage lymphatique, à côté du drainage manuel.
Cette page présente son principe, le déroulement d'une séance, sa place dans la prise en charge médicale du lymphœdème, les autres cadres où on la rencontre (institut, sport, appareil à domicile), qui la pratique, puis ses contre-indications et les signes qui demandent un avis médical.
Qu'est-ce que la pressothérapie ?
Le terme médical est « compression pneumatique intermittente » : les Manuels MSD la citent parmi les moyens de compression utilisés dans le lymphœdème, avec les bandages et les bas. L'appareil comprend un compresseur et des bottes, un pantalon ou des manchons divisés en plusieurs chambres d'air.
Les chambres se remplissent de façon séquentielle, du pied vers la cuisse (ou de la main vers l'épaule), puis se vident. Ce mouvement suit le sens de la circulation de la lymphe, qui remonte des extrémités vers le tronc. Selon le Vidal, la lymphe avance grâce aux muscles et à la respiration, plus lentement que le sang : la compression vient s'ajouter à ce mouvement, de l'extérieur.
Trois réglages font la différence d'un appareil à l'autre : la pression de chaque chambre, la vitesse du cycle et la durée de la séance. Ils sont fixés par le praticien, ou indiqués par le médecin pour un appareil prescrit.
- Pressothérapie : définition et vocabulaire
- Pressothérapie : quelle pression, et qui la règle
Pressothérapie des jambes : le déroulement d'une séance
La pressothérapie des jambes est la forme la plus répandue. Une séance suit en général les mêmes étapes, quel que soit le lieu.
- Le premier rendez-vous : questions sur les antécédents (phlébite, cœur, reins, traitement en cours), examen des jambes, parfois mesure des membres. C'est le moment où les contre-indications sont recherchées.
- L'installation : allongée sur le dos, les jambes légèrement surélevées, vous gardez un vêtement fin ou un collant selon le lieu. Les bottes sont fermées sans serrer.
- Les cycles : les chambres se remplissent puis se vident. La sensation est celle d'une pression ferme et régulière qui monte le long de la jambe. Elle ne doit pas être douloureuse.
- La fin de séance : on se relève lentement. Le praticien note les réglages pour la séance suivante.
Le nombre de séances, leur rythme et leur durée dépendent du cadre (soin prescrit ou confort) et de la personne : ils se décident avec le praticien. Une gêne, un fourmillement ou une douleur pendant la séance se signalent tout de suite, la pression peut être baissée ou la séance arrêtée.
- Pressothérapie des jambes : le guide
- Comment se passe une séance de pressothérapie
- Le protocole de pressothérapie expliqué
- Pressothérapie tous les jours : les questions à poser
La place de la pressothérapie dans le lymphœdème
Le lymphœdème est un gonflement chronique lié à un défaut de circulation de la lymphe, primaire (rare) ou secondaire, bien plus fréquent, après une chirurgie ou une radiothérapie selon les Manuels MSD. Sa prise en charge est médicale. Le Vidal la décrit comme une physiothérapie décongestive en deux phases :
| Phase | Ce qu'elle comprend (selon le Vidal) | Place de la pressothérapie |
|---|---|---|
| Réduction du volume | Drainage lymphatique manuel par un kinésithérapeute formé, bandages, soins de la peau | Utilisée parfois, en plus des bandages |
| Entretien | Manchons ou bas de compression, soins de la peau, activité physique | Selon le projet de soin fixé avec le médecin |
Dans un cours de formation publié par la Revue médicale suisse, le Dr François Becker, médecin vasculaire, place la pressothérapie comme une méthode d'appoint : elle complète le drainage manuel et la compression par bandages ou manchons, elle ne les remplace pas. Les études qui évaluent la pressothérapie ajoutée aux soins habituels restent peu nombreuses et de petite taille.
Pour les varices et la maladie veineuse, la HAS décrit la compression médicale par bas comme traitement de base à partir du stade des varices installées. La pressothérapie relève alors d'un avis du médecin vasculaire.
- Pressothérapie et lymphœdème : la prise en charge
- Pressothérapie et varices : ce que dit le médecin vasculaire
Instituts, sport et confort : un autre cadre
En institut, en centre de bien-être ou en salle de sport, la pressothérapie est proposée comme un soin de confort. Ce cadre n'est pas médical : il n'y a ni diagnostic ni prescription, et la personne qui vous reçoit n'est pas toujours un professionnel de santé. Les mêmes contre-indications s'appliquent pourtant, d'où l'intérêt de poser la question à votre médecin avant une série de séances, surtout si vous avez des antécédents veineux ou cardiaques.
Chez les sportifs, des bottes sont utilisées après l'effort, pendant un temps de repos jambes allongées. On la rencontre aussi associée à la cryothérapie dans certains centres.
- Pressothérapie et récupération après l'effort
- Pressothérapie et cryothérapie : deux techniques à distinguer
- Récits de séances de pressothérapie
Qui pratique la pressothérapie, et la prise en charge
Trois cadres coexistent :
- le cabinet de kinésithérapie, sur prescription médicale, en général dans un projet de soin qui associe drainage manuel et compression ;
- le médecin vasculaire (angiologue), qui pose l'indication, vérifie les contre-indications et peut prescrire un appareil ;
- l'institut ou le centre de bien-être, pour un soin de confort, à la charge de la personne.
Le remboursement dépend de ce cadre : une séance en institut ne l'est pas, un soin réalisé par un kinésithérapeute sur prescription suit les règles de l'Assurance maladie. Les conditions sont détaillées dans notre article sur le remboursement du drainage lymphatique. Pour un appareil à domicile, demandez à votre médecin et à votre caisse avant tout achat.
Appareils de pressothérapie à domicile : les repères avant d'acheter
Des bottes de pressothérapie se vendent aujourd'hui en pharmacie, chez les orthopédistes et en ligne, à des prix très variables. Avant d'en acheter une :
- demandez l'avis de votre médecin, qui vérifie les contre-indications et peut indiquer une pression de départ ;
- regardez le nombre de chambres, la plage de pression et la possibilité de régler chaque zone ;
- vérifiez s'il s'agit d'un dispositif médical, avec sa notice et ses précautions d'emploi ;
- commencez par des réglages bas et arrêtez en cas de douleur, de fourmillements ou de changement de couleur de la peau.
Plusieurs marques d'appareils sont citées dans les recherches. Nos articles les présentent de façon factuelle, sans classement :
- Quel appareil de pressothérapie choisir : les critères
- Pressothérapie AGD : repères
- Pressothérapie JRD : repères
- Pressothérapie Fyzea : repères
- Pressothérapie Celyatis : repères
Contre-indications et précautions
La pressothérapie est une compression : ses contre-indications rejoignent celles de la compression médicale. Dans sa fiche de bon usage, la HAS cite notamment l'artériopathie sévère des jambes (indice de pression systolique inférieur à 0,6), et certaines thromboses veineuses graves. Le médecin vérifie aussi :
- l'absence de phlébite en cours ou suspectée ;
- l'absence d'infection de la peau du membre (les Manuels MSD rappellent que le lymphœdème expose à l'érysipèle et à la lymphangite) ;
- l'état du cœur, des reins et la tension artérielle ;
- la présence d'une plaie, d'une peau fragile ou d'une zone insensible.
Pendant et après la séance, une douleur, un engourdissement, une peau qui devient pâle ou violacée imposent d'arrêter l'appareil.
Quand consulter
Un gonflement des jambes ou des bras doit être expliqué par un médecin avant toute séance. L'Assurance maladie rappelle que la phlébite peut se compliquer d'une embolie pulmonaire, et les Manuels MSD que le lymphœdème expose aux infections de la peau :
- appelez le 15 en cas d'essoufflement, de douleur dans la poitrine ou de crachats de sang ;
- consultez dans la journée si un seul mollet est gonflé, dur, chaud ou douloureux (signes possibles de phlébite), ou si un membre gonflé devient rouge, chaud et s'accompagne de fièvre ;
- prenez rendez-vous si un gonflement revient chaque jour, ne cède pas la nuit ou si vous envisagez une série de séances avec des antécédents veineux, cardiaques ou de cancer.
Sources
- Vidal, « Traitement des lymphœdèmes » : vidal.fr
- Becker F., « Lymphœdèmes des membres », Revue médicale suisse, 2006 : revmed.ch
- Haute Autorité de santé, « La compression médicale dans les affections veineuses chroniques », fiche de bon usage, 2010 : has-sante.fr
- Assurance maladie, « Phlébite : symptômes et diagnostic », 2026 : ameli.fr
- Manuels MSD, version pour le grand public, « Lymphœdème », 2026 : msdmanuals.com
Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.
FAQs
Quelles précautions prendre avant une séance de pressothérapie ?
Signalez au praticien vos antécédents de phlébite, de maladie du cœur, des reins ou des artères, une infection ou une plaie sur le membre, et vos traitements en cours. En institut comme à domicile, demandez l'avis de votre médecin avant une série de séances. Pendant la séance, la pression ne doit jamais être douloureuse : signalez toute gêne pour qu'elle soit baissée ou arrêtée.
Quand consulter avant de commencer la pressothérapie ?
Consultez avant toute séance si un gonflement est récent, touche un seul côté, s'accompagne de douleur, de chaleur ou de rougeur, ou ne cède pas la nuit. Un mollet dur et douloureux demande un avis le jour même. En cas d'essoufflement ou de douleur dans la poitrine, appelez le 15 : la pressothérapie n'a pas sa place tant que la cause n'est pas connue.
Peut-on associer pressothérapie et drainage lymphatique manuel ?
Oui, c'est même le cadre décrit par le Vidal pour le lymphœdème : le drainage manuel par un kinésithérapeute formé, les bandages, puis les manchons ou les bas, la pressothérapie venant parfois en plus. L'association se décide avec le médecin, qui fixe le rythme des séances et vérifie les contre-indications de chaque technique.